Mes mains étaient marquées
de terre et de sueur,
je débarrassais mes ongles
des vestiges de cet après-midi au jardin,
quand sous l’eau tiède
mes doigts se réveillèrent
au bout de mes bras d’enfant
à Sercq,
vingt-trois années plus tôt.

Face à un roncier
plus grand que moi,
mes mains violettes
d’avoir cueilli des heures durant
chaque mûre découverte,
le rire de mon frère
au bord de ses lèvres,
elles aussi teintées de fruits,
habillait le silence des chemins de l’île
avec cette certitude déjà bien présente
que nous vivions l’un des moments
les plus heureux de notre enfance.

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