Arrivée dans la cité phocéenne
le cœur en vrac roulé en boule dans ma valise
j’ai confié ma gorge au soleil, à la mer
et j’ai avancé
Un appart dans le Panier de mes larmes empêchées
la place de Lenche érigée en un phare dans ma nuit
le téléphone accroché au dédale des rues
je monte je descends
je monte je descends
Des visages, des mots, le tarot de Marseille
la douleur ne s’oppose pas à la vie
un cœur athée ne s’oppose pas aux prières
à Sainte Rita, à la Bonne mère
ce soir je suis un marin dans la tempête
j’enferme mon cri dans le feu des cierges
Des Arcenaulx à l’Opéra
je monte je descends
je monte je descends
un livre sur une table, une bière fraîche
mes pensées sont difractées
ma respiration s’amalgame à ton corps endormi
dans quelques jours je serai près de toi