là où dorment les mots

dans l’ombre de leurs peaux
se pose leur laiteuse légèreté
rendront-ils son sourire
au rouge de sa bouche
l’espoir à ses paupières en berne
la paix aux visages en bataille
ils parlent une langue inconnue
pourtant parmi les cygnes
la gravité

là où dorment les mots le lit sec d’un fleuve
là où ils jaillissent j’aime à me réveiller

dans le silence parfois
les mots croisés avec les yeux
me donnent des coups à l’âme
des bleus à mon cœur tuméfié

dans le silence encore
les mots rencontrés par les lèvres mutiques
sont comme de longs baisers
qui m’irriguent jusqu’au moindre viscère

dans le silence enfin
là où se conjuguent tous les mots
l’horizon des oiseaux est tout proche,
leur chant m’entraîne où un lac fait signe

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