Grandiose
j’ai inventé ta vie
j’ai imaginé ta venue
j’ai invoqué ta vision
la ténacité du scorpion à l’approche de l’hiver
le jaune cristallisé du miel de printemps
les forêts caduques avant l’automne
la sève de ton sang
Grandiose par les rires et les pleurs, les amours insolubles, les questions lancées à la nuit du ciel
Grandiose par les appels d’air, les champs fleuris à perte de vue, les océans qui nous séparent un jour
Grandiose à l’éclat délicat, à la douceur tenace, à l’improbable fontaine où t’abreuver toujours
Grandiose et sans concession, j’ai conçu
un hymne à ta façon
un rythme au diapason
un isthme et une maison
Grandiose et libre
j’ai façonné ton être
partagé mes cellules
t’ai nourri de mon suc
et toi si petit
qui enfle sous mes côtes
tu ne le sais pas encore
le pressens peut-être
tu m’en voudras un jour
et me remercieras après ma mort