Rêver, après quoi

Oui, tu vois, cela pourrait commencer ainsi.
Un renflement timide à la surface de la branche de cerisier
A peine perceptible
Doté cependant de toute la force
D’une caresse légère
D’un souffle qui effleure les peaux
Caresse qui transforme
Nos corps pour ouvrir tes yeux sur le monde
Nos mondes pour les ouvrir dans tes yeux
Et rêver d’être touché par ce que l’on perçoit en germe
Rêver d’être touché par ce que l’on ignore encore
Rêver d’être touché par des signes reconnus de nous seuls

Oui, tu vois, cela pourrait continuer ainsi
Une fleur déployée lentement dans l’air doux
Du vivre grandissant
Auprès des autres se mélange
A leurs couleurs, à ta lumière intense
Fleur qui arrose
Les pluies successives et les soleils sans fin
Nos corps pour ouvrir tes yeux aux chemins des possibles
Nos chemins aux possibles de tes yeux
Et rêver d’arpenter les rayons à la lisière des lunes
Rêver d’arpenter nos sentiers qui débordent
Rêver d’arpenter nos routes intérieures

Oui, tu vois, cela pourrait finir ainsi
Une graine enfouie dans la terre
Croisée aux confins des chemins poussiéreux
L’humus de tous les jaunes, de tous les incarnats violacés
De toutes les feuilles accumulées là
Des lits de feuilles mortes
D’où renaissent les corps
La vie pour combler tes yeux des traces de ceux qui partent
La vie où renaissent les traces à chaque saison nouvelle
Et rêver de graver toutes les traces sur l’orange des ciels
Rêver de graver les empreintes dans les murs démolis
Rêver, après quoi

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