Je sais son gémissement
sa supplique qui explose dans mon crâne
oiseaux du ciel,
grive, hirondelle, moineau, mouette
vos chants pour couvrir son râle sournois
Je sais un à un ses membres brisés
ses yeux qui n’en finissent pas de racler ses os
de creuser son visage jusqu’au sang
grains de la grève
votre simple geste du plat de la main pour l’effacer
Je sais sous ses larmes
son goût amer plus que salé
qui me revient en bouche
eaux sous mes pieds douces comme un torrent
votre lit de vase au plus profond pour l’enfouir
Je sais ses lambeaux
ses hardes mal rapiécées qui s’effilochent
fil tiré, refilé, rembobiné
recousue à grands points
votre étoffe nouvelle tissée avec des mots pour l’innommer.
Je sais ses relents
ses entailles qui scarifient ma mémoire
qui ouvrent à nouveau les brèches, tailladent les cicatrices
nuages, danseurs légers du ciel,
vos ombres propres à refermer les souvenirs pour l’emporter.