Argenté partout.
Argenté comme le ciel de neige de l’enfance qui hésite au-dessus du vallon, argenté le toit de la
mangeoire au-dessus du beurre de l’hiver des oiseaux.
Argenté comme la dentelle de givre sur la branche squelette du jardin que je quitte.
Argentée la suspension de l’heure invitée par le gel.
Argenté le cheveu du temps qui a pris le large et l’aube.
Argenté là où versent les gouttes expérimentales d’encre diluées sur la photo.
Argentée depuis le bout du monde la perle au poignet du voyage.
Argenté là où court la lumière sous le nuage blanc qui souffle le flocon, argenté le flocon qui se
souvient de noël et se dépose la veille en cape fine sur les toits.
Argenté couvrant la peau de la bourse que je t’offre en cadeau.
Argenté comme les pigments du khôl sur le bord de paupière de la nouvelle année, argentés
comme les contours des vœux que mes doigts te murmurent, argentée comme l’aura de santé
assurée que je te prie de vêtir longtemps.
Argenté.
Argenté partout.