Où vont les maux quand ils quittent la tête ?
Vers les chemins sans fins, dehors, vers les cimes enneigées aux couleurs cendrées.
Ou bien ils se fondent dans le béton, glissent et s’emmurent. On les contemple en créatures légendaires du passé. Et on a peur, on désire pourtant, les détailler. Ils sont beaux quand ils sont figés.
Ou alors ils sont taillés dans la pierre et jetés au fond de la rivière, trop petits pour être lestés, à la dérive, émiettés, du pain aux pigeons et des roulis pour les poissons. Et on a peur, on désire pourtant, s’abîmer dans ce reflet granuleux des maux mouillés d’avant.
Ou bien ils sédimentent, deviennent base géologique nucléaire, tectonique des plaques qui nous fait tourner sur nous-même. Et on a peur, on désire pourtant, plonger nos doigts dans le centre de la Terre et sentir ce que recrachent ces maux en fuite devenus volcans.
Ou alors ils s’évaporent, ni matière ni poids, ils tendent vers le gaz de leur écorce et rejoignent les nuages. Et on a peur, on désire pourtant, voir s’effilocher ces maux en volutes d’oxygène.
Redonneront-ils de l’air à nos soupirs ?
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