Regarder ses doutes c’est nouer l’angoisse dans la gorge
une agonie de soi-même
une lenteur à se noyer dans les ruminations sombres
connaître la panne d’écriture c’est l’amputation du désir
femme diminuée
handicap sans prise en charge sécu
sommeil remue les pertes de confiance dans le creux des draps
tete brulante la main inerte la page blanche
ne s’écrit que la nuit en lettres d’échec
la peur d’un abandon de moi-même
une profonde solitude
la main n’entraîne plus le cerveau
le tonneau tourne à vide
une paralysie
les jours bloqués devant le mur monstre [i]
laisser ricocher les rebonds de la contemplation
abandonner les armes
ouvrir tout grand les fenêtres
laisser entrer l’air libre
curer les trop pleins
écouter le chant des oiseaux c’est l’écho du vivant
une aide à exister dans la présence des arbres
se perdre dans les canopées
loin du tumulte du monde
écorcher des yeux les écorces
les jeunes branches miroir de ma vieillesse
regarder les nuages c’est partir loin
très loin derrière
les écritures de lignes d’horizon
tutoyer l’immensité
se sentir fragile
les nuages soufflent le mystère dans les corridors du ciel
cueillir une plume de geai c’est ramasser la beauté
d’une signature de détresse
colères de territoire
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[i] Emprunt à Victor Malzac « le monstre mur », éditions Les corps conducteurs, 2026.
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