tempête de neige

Je veux tellement pouvoir y croire et jouer à inventer de nouveau les enfants renards dans la neige sous la cime des arbres beiges et fouetter le vent en dansant entre les flocons, les grains de poussières et rire très fort sans avoir peur et respirer complètement sans exploser et étirer mes pas jusqu’à les rendre infinis et planer au dessus du vide traverser les étendus nocturnes et rendre tout indifférent car plus rien n’a d’importance. Je veux saisir les moments et les regarder avec bienveillance avant de les remettre en lieux sur et ranger dans les boites tous ce qui convient d’y être ranger, et les empiler en mur bien droit pour mieux se protéger et casser le vent et récolter de la chaleur sans souffrir ni honte et en garder un peu, suffisamment pour ne pas se briser dans la nuit quand les tempêtes de froid cogneront contre les remparts et s’amuseront à souffler toutes mes allumettes une à une pour me laisser dans l’obscurité. Je veux savoir crier dans les tourments tous les sons muets et incolores qui se gravent de l’intérieur et s’interposent à ma vision et effacer la buée et le verglas sous mes paupières. Je veux fouiller les talus blancs et y trouver sous les fougères et les cailloux les ruisseaux d’air pur et m’y engouffrer pour m’enfuir et traverser sous la peau les flux organiques de la terre et parcourir le monde à l’écoute des bruissements incessants, gronder au rythmes des soupirs et affluer et m’éparpiller inonder de notes noires les oreilles sensibles et attentionnées et crépiter de caresses légères pour les voir frissonner et envier les souffles retenus. Je veux effleurer l’ennui pour l’émoustiller et lui faire croire à milles vies et m’échapper en lui laissant l’espoir pour se reposer et taquiner avec les frontières pour rester éveillé des nuits durant en éclatant les lucioles qui flamboient dans les ciels et se souvenir que de l’autre coté tout un monde froid et là présent qui attend et faire fondre les soleils trafiqués pour avoir toujours envie et taper sur les murs pour les faire s’ébrécher et aspirer les étincelles de chaque allumettes une à une sur l’arbre d’hiver tombé et transpirer d’idées dans les rafales jusqu’à ne plus y tenir et crever d’envie enterré sous des tonnes de neige et s’évaporer par choc thermique et ne plus trop savoir sous quel état se mettre et redevenir solide et tangible l’espace d’un instant avant que tout s’écroule et se disperse et se fige et transparaisse et fusionne avec tout le reste du paysage recouvert et ne plus être quelque part et ne plus être unique mais retomber minuscule et si légère remuer par le moindre souffle dans une lumière passagère et suspendre le temps étirable et sans limite briller avec milles autres et embrasser de nouveau les ombres beiges et planer encore longtemps et parcourir des étendus vides avant de me déposer épuisée dans l’écorce d’un arbre mort et écouter le silence et les vibrations sourdes entre les cordes et entre deux notes noires et vibrer et respirer et jouer de nouveau