L’enfance, je l’offre
à ces hommes
et à ces femmes
qui marchent pressés,
les yeux rivés sur le sol
ou sur leur téléphone
et qui ont oublié
qu’un ciel existe
au-dessus d’eux.
L’enfance est pour celles et ceux
qui ont noué la langue de leur cœur
pour mieux laisser passer
le rouleau compresseur
des mots de la peur.
Elle est pour tous ces gens
au regard triste
et au cœur las
qui ne savent plus
marchander les couleurs.
Elle est pour les chambres vides
de celles et ceux
qui ont perdu
leur belle naïveté
en laissant s’échapper leurs rêves
sans chercher à les rattraper.
Elle est pour les grands
mais aussi les plus petits
qui se sont fait avaler
par le vacarme du monde.
L’enfance, je la donne
à ceux qui ont pardonné
sans jamais oublier.
Et bien sûr, je la laisse
à tous ceux qui se tiennent
au crépuscule de leur vie
et qui gardent au fond d’eux,
dans leur jardin d’éden,
un bout du soleil
de leur jeunes années
pour les réchauffer
quand viendra l’hiver.