poème inspiré du spectacle éponyme de la cie XY
Une personne commence par
respirer
et puis ouvre son menton
pour dire mon cou voit très loin, plus loin que vous.
Une personne s’avance, respire, pense
non, ne pense pas, est
une personne est, qui ne trébuche pas en marchant
et qui va droit où elle devait aller.
Une personne s’approche de la personne au cou qui voit plus loin que vous
de derrière, elle passe sa main
dans le creux entre le bras et le ventre
elle passe simplement sa main sur le ventre.
Une personne tombe et
une, deux et trois personnes
la rattrapent dans sa chute.
Une personne a un chemisier en soie
Une autre personne a un pantalon couleur taupe
Une autre personne encore, une veste de sport avec des bandes sur les épaules
des bandes jaunes.
Une personne plus grande que les autres
qui sait que l’attention lui est portée
soulève
une, deux puis trois personnes
et se rend anonyme en retournant à sa course initiale.
Une personne au fond
scrute et sent son cœur se rehausser
dans sa poitrine
en même temps que les personnes une deux et trois quittent et regagnent le sol.
Une personne ouvre son bras du coude aux doigts
en deux temps, le premier sec et le second développé
ça fait comme une éclosion,
elle pense à cette image quand elle fait le geste.
Une personne sent de petits mouvements
une légère oscillation
la parcourir,
remue un peu sur elle-même.
Alors une personne qui respire fort,
la gorge sèche,
perce de ses yeux le noir qui lui fait face
et s’adresse son propre regard.
Pour finir, une personne devant jamais
ne voudrait se détacher
de cette foule qui danse.