Tremblement de soi

Lorsque enfant, à son réveil, elle se retrouve debout, dans le noir, au milieu de sa chambre, devenue
énigme,


du bout de ses bras tendus, ne rencontre aucune matière comme mur, lit ou cadre de fenêtre,
tous disparus, n’existent plus,


se fige là, sur cet îlot, entouré de rien,

où suis je, terrifiante question
qui s’agrippe à elle avec la menace de basculer dans le vide

d’une possible chute interminable et consciente,
comme un lent glissé d’un corps sur un glacier tombant dans la mer,

si elle ne meurt pas de peur, sa fin sera un enfer,
et si toute tentative de bougé lui est interdite,
seul, un geste peut la sauver ;

Alors elle entendit son cri qui surpassait de loin la voix d’une enfant,un cri à ouvrir une porte d’un coup,
un flot de lumière la toucha et par magie, le monde reprit ses esprits, ses marques et la petite aussi.

De cette apprentissage du vide,
des laissées de ce tremblement de soi comme traces d’âme fugitive,
sont des marques recroisées souvent,
à tous les quatre chemins du cours de sa vie.

Elle vient de loin

Elle vient de loin mais ne voyage pas, elle reste là, tout près.

Sa chevelure bleue de Démone tranche sur sa peau opaline,
par transparence, le corps se devine mais qui voit -on ?

Ses yeux ne cillent pas, le monde regardé tressaille.

Elle va par les cœurs de son pas élastique,
Se retrouve blême, à la merci du petit matin.

Ses attaches sont de celles qui empoisonnent.
Quand sa tourmente se déverse, aucun brise larme peut en contenir la fureur ;

Elle n’a pas de petit mais fait comme si.
Elle ne connaît rien mais devine tout.
Elle est tout ce que vous n’êtes pas ou plutôt elle se nourrit de vos ruines.

Ce qu’elle dit n’est pas saisi ; ses paroles se déposent en un lieu, perdu de vous.

Avec son allure de folle, sa mise interlope et son regard d’outre tombe,
Vous l’avez déjà rencontré au détour de votre vie sans histoires ;
elle vous fascine et vous terrorise.

Un courant d’air soudain fait claquer une porte, 
le silence se fige, 
une brume voile la scène.

Elle s’est tournée vers vous et vous fixe.

Ce que ses yeux reflètent,
cet élancement douloureux, cette question lancinante à laquelle vous tentiez d’échapper et qu’elle a fiché en vous, vous le saviez déjà :
votre vie ne vaut rien sans la limite de la mort.