L’orgueil est pour les éreintés
Aux gravités tombantes
Aux terrassés du jour
Qui se noient dans un verre et le lèvent en riant
L’orgueil dans les pensées des accablés du soir
Qui savent encore qu’ils sont tenus bien droits
Par les yeux de leur mère
En pleurs
L’orgueil offert à ceux qui plient
L’échine, se plient en mille
Mais qui délient de leur langue
Les brumes obscures qui s’accrochent aux paupières
De leurs enfants dans les bras,
A leur femme contre leur torse
Qu’ils bombent encore avant que tout ça n’explose
L’orgueil est dans leurs pas rapides,
Dans le sein refusé alors qu’il était nu
Dans le rouge déposé sur des lèvres meurtries
L’orgueil sur la joue, essuyée d’un revers
D’une effacée du monde.