L’attache s’est délitée
dans la substance incolore
d’un vase qui n’a rien porté
d’autre que le relent fané
des épicentres

le poinçon est sans prise
au milieu d’un feu noir
enroulé sur le lambris
de ta langue à court
de sève comestible

mon coeur bat la nuit
sur mes tempes en sueur
froide où nulle main
courante n’aplanit la peur
en paliers

le balcon tremble encore
à chaque rame de métro
par où je t’ai rejointe
par où je t’ai plantée
par où je t’ai me
jusqu’à la repousse

et te voilà si saule
pleureuse en bord de
rapides où tout me replonge
sans coulée — laisse-moi
te remonter comme le temps

Rajeunir

Une façon de rajeunir
est de se regarder miroir
l’écouter lire entre les lignes
de front délivré avec surtout
ne pas sourciller

déride l’ovale en face à l’aide
d’acides en -ique mélangés
petite crème de jour pour
retarder tombée de ta nuit
qui se promet

avale des fruits digère facile
tes morts avec des vitamines
immunise leur temps compté
comme compte tes pas sur
l’appli très mobile donne-toi

prends du plaisir partout
où il dandine encore plus
l’amour serre-le dans tes bras
serre tout court souffle au cœur
pompe circule pour repulper

balade la nature et observe
la mer s’horizonner du monde
les rhizomes vivaces qui foisonnent
sur leurs réserves sensiblement pareils
aux montagnes jamais déplacées

inspire plus grand que toi
fais-toi l’enceinte rapetissée
d’un sentiment d’éternité