je. Tombe. comme. vers. le. Haut. vers. le. haut. Août. vers. le. fond. du. verre. de. la. nuit. du. dix. août. Je. m’élève. à. la. Renverse. j.’avale. Toute. sa. bulle. à. la. Musique. et. aux. étoiles.

je. L’aime. comme. vers. le. fond. des. âges. je. suis. née. dans. sa. bulle. je. suis. Née.
La. nuit. du. dix. août. 2010. je. suis. née. Trop. petite. alors. dans. sa. bulle. Lui. immense.

je. bois. la. même. bière. mais. il. ne. Mange. pas. de. ce. pain. Là. ma. mie. trop. Tendre. Et. la.nuit.
me. boit. entre. dans. la. bulle. calcifie. l’amidon. la levure. l’Amour. j’Avale. sa. Voix. la. nuit.
laisse. reposer. ma pâte. cuit. depuis. quinze. ans. je. me. suis. élevée. au. rang. de. Femme. ma.
bulle. est. solide. increvable. si. je. ne. peux. pas. entrer. dans. la. Tienne. Trinquons. dans. la.
mienne. bulle. mie. Vie.

Beaucoup question de cristal cette semaine. Il fallait que je retrouve.
C’était dans quel Breton déjà ? Je n’aurais pas dit. L’Amour fou. Pourtant
Brassaï dedans, les cubes de sel gemme.

*

Et après rien avoir. Vigny, son diamant pur. Le cristal.

*

Crevée de chaud j’espère que des glaçons me tombent sur le sommet
du crâne quand j’ouvrirai la porte du congélateur. Manger boire un du
sorbet. Je ne sais plus.

*

Apercevoir les titres.
Pourquoi les hommes ne fondent-ils pas pendant les épisodes
de fortes chaleur et leur violence. Pourquoi tout ne s’écoule pas d’eux
Quelle réaction physique chimique ? je ne sais pas, les solidifie
encore plus sans les rendre forts. Sans rien cristalliser.
Et mettre la tête dans le solidaire non.

Que le soleil verse

Cet écrit-là est d’une femme, qui ne sait si elle doit dire « jeune femme »; pour qui dire « femme » est déjà chose ardue. D’une fille qui n’a pas fini d’être fille et qui doit et qui veut être femme, mais dont la vie entre les deux s’est échappée. Sans plus d’ami.e, sans plus de drame, qui maîtrise aujourd’hui le calme et le petit brasier. Et qui, grandissante et nouvelle, se ramène à la vie par des routes méconnues.

mes yeux de flaques de boue dans lesquelles l’enfante n’a pas sauté
et qui pourtant ont débordé la boue de laquelle j’ai enduit mes cheveux qui se sont durcis comme
terre
fendillée
une terre vivante comme la vie qui se fend en deux parce que quelqu’un l’y oblige

la rosée de l’amour humide fonce au noir colère qui fut un jour rouge sang

le mauve des nuages venu des veines
que le soleil
verse
dans leur sang blanc
pour traduire ma peau
toute ma peau
marbrure
sauf
brûlure
mon dos
qui ne refroidit jamais
mon dos fait de fleurs d’orangers
qui parfument
toute sa surface
comme un ciel d’abricots

mes yeux magma dans lesquels on peut plonger
on peut remonter bleu
mes cheveux d’ange déchu qui choisit le soleil
pâle de l’hiver
pour briller sans briller

le jus de grenade se tend
dans un calice fossile éclatant
qui a vu
le sang le vert la vie
revenir

Des limbes aux lombes

Ce sera le même bain aujourd’hui
qu’hier
c’était le même
que demain
jusqu’à ce que je quitte
cette salle de bain
Je ne l’ai jamais quittée
C’est toujours le même bain
depuis la naissance
de mes seins
Je suis dans le bain
à partir de la chute
de mes reins
dans l’océan
je suis restée dans le bain
Je déménageai
dans la baignoire
parlai dorénavant
la langue
de l’eau
courante
en continu

_________ – – j’ai mal –
sur le carré des lombes
et ça fait dix-sept ans
_________ – – miroir,
_________ vous avez une douleur
_________ miroir carré des lombes
_________ slash abdomen depuis
_________ la chute une sacrée con
_________ tracture avec tassement
_________ d’un disque interverté
_________ bral et la hanche hyp…

que depuis le bain je regarde
debout la douleur
_________ miroir
dans le _ miroir
je la mets en
abyme
C’était dommage
de ne pas plutôt
contempler
la naissance de Vénus

J’étais tombée de la
falaise
C’était dommage
La douleur
J’aurai essayé
de la mettre à l’ombre
— ou la beauté —
du pommeau de douche
en faisant couler
l’eau qui coule encore en
continu
Je ne déménagerai plus