Je me dis: j’y suis donc je reste
A bord d’un même bateau
Pourvu que j’y reste
Et puis après ?

Je me dis: le même scénario
La zone grise comme la matière
avant la lumière
Et puis après ?

Je me dis: ancêtres inceste
pas touche minouche
le limon la vase
Et puis après ?

Je me dis que j’ai des illusions
ou bien des hallucinations
orbites révulsées
Et puis après

Je me dis: le flot m’emporte
vase ou limon
épouser la lithosphère
Et puis après ?

Je me dis: le silence troué
le ciel qui vacille
au gré du crépitement
Et puis quoi alors

Et puis quoi encore

Quoi d’autre encore ?

Je crie la gorge nouée
Mon plus beau noeud papillon
Dégorger déglutir
narines frémissant
veines inondées

Qu’est-ce quoi encore ?

Je dégorge dans le sens des aiguilles d’une montre
dans l’évier, je suis emportée vers le fond de l’utérus

Je me dis: j’y suis
je renoue les anciens
j’empile les grand-mères sur la branche
Et puis après ?

D’ombre et de graviers nous sommes
Les corps sommeillent
mousseux
お蔭様
L’ombre est une évaporée une mousse grouillante
L’ombre est une évadée
Seuls les sommiers connaissent et acceptent :
mousser dans l’ombre c’est le privilège du sommeil.
お蔭様
L’ombre fugitive chevauche et cingle
Harnacher son sommeil, tant va l’ombre qu’à la fin elle a faim
お蔭様
Une belle mousse de sommeil s’aspire goulûment sans temps de respiration
D’ombre et de glaciers et de cristaux nous sommeillons cent ans
お蔭様
Puis l’ombre au bois dormant viendra, sifflant entre ses dents.
Siphon les marionnettes
3 tours et puis siphonner l’ombre