GUILLAUME — C’était il y a trois jours peut-être
— où est-ce que j’étais ? —
ce devait être il y a deux semaines,
et c’est aussi pour cette raison que je décidai de revenir.
Je me suis levée,
et on m’a appelée pour me dire
qu’hier serait ton dernier jour.
Et ensuite, les moments suivants,
rien, puis,
j’ai pleuré,
les instants plus lointains,
on a rangé et partagé
quelques souvenirs
que tu nous avais laissés.
GUILLAUME — Plus tard, l’année d’après,
j’ai presque vingt-neuf ans et tu en avais toujours vingt-huit.
C’est à cette âge que je me souviendrai,
l’année d’après,
de nombreux mois déjà que j’attendais, à me remémorer, à ne plus savoir,
de nombreux mois que j’attendais que tu reviennes, l’année d’après,
comme on s’imagine parfois,
longuement,
devant un miroir ou un songe, presque perceptible,
malgré tout,
l’espoir,
malgré tout.
L’année d’après,
je déciderai de retourner te voir, revenir sur mes pas,
pour avec force, avec force et conviction,
— ce que j’aimerais —
faire disparaître ce silence
écrasant, et à jamais,
nous retrouver un dernier jour.