Pourquoi avait-il décidé de prendre la route pour partir là bas ?
Au fur et à mesure qu’il se rapprochait de son but, il sentait sa poitrine se serrer. Un mélange d’excitation, d’appréhension, de tristesse.
Pourquoi cette sensation lui était-elle déjà si familière ?
Pourquoi montait en lui ce sentiment semblable à celui qui le rongait lorsqu’il retournait dans son propre village natal?
Pourquoi se rendait-il aussi loin désormais?
Il ne serait pas resté dans le gris pesant de ses murs de toute manière.

Et si il la croisait là bas ?

Il passait les clochers, sillonnait les routes qui griffaient les champs de tournesol, qu’il n’avait jamais vu. Il découvrait tous ces beaux paysages dans l’angoisse grandissante d’une fin de journée d’été.
Encore quelques kilomètres à parcourir.
Que souhaitait-il vraiment au fond de lui même?
Pourquoi pensait-il qu’il se sentirai enfin, là bas, à sa place,  dans les ruelles de ce petit village dont il ne connaissait que le nom?
Ce nom qu’elle lui avait prononcé des dizaines de fois.
Pourquoi brûlait-il d’envie de le découvrir ? Pourquoi s’obstinait-il ainsi, malgré sa défaite incontestable, comme un animal qui se débat baignant dans son agonie?
Pourquoi continuait-il tout de même à s’accrocher à un maigre espoir?
C’était certainement la seule chose qui pouvait le maintenir en vie.