De ce côté se trouve la grille encore tiède d’un radiateur
De l’autre un livre et ton odeur
C’est bien suffisant

Un silence bien complet sur des tonnes de béton
C’est rare une rue en creux qui se laisse dormir

Tandis qu’au jour
Le jour se plie en mille
La nuit le frigo geint
Et le marchand de sable
Fait tomber sur mes yeux
La limaille de mon cœur
Effréné

Quoi ne rien dire

J’ai l’âge de porter un enfant
Un morceau de gigote tiède qui serre mon doigt
On me l’a posé dans les bras
Trimballe ses yeux de girouette

Je n’avais jamais osé avoir l’âge de porter un enfant
Je décidai maintenant de le faire
J’eus délicatement l’intime conviction que c’était là
Qu’il fallait que je le fasse

J’en avais enfin 
Comme ça, comme une nécessité
L’envie de

Laissez-moi porter ce petit truc
Cette espèce de machin apeurant

Je saurai quoi dire
Ou quoi ne rien dire
Je pris ces petits pieds
Il prit mon petit doigt
Je …
Il …