Elle est le principe même de la vie et tient dans ses bras tant de cadavres.
Elle berce et elle fracasse.
Elle est bleue comme tout et noire comme rien.
Elle berce et elle fracasse.
J’ai cru que l’aimer suffisait.
J’ai cru que son amour suffirait.
Elle est verte comme les marsouins et grise comme un rêve d’été.
Elle berce et elle fracasse.
Je ne pourrais vivre sans elle.
Je ne suis pas sûre de lui survivre.
Elle berce et elle fracasse.
Un jour il s’est passé ce que je craignais.
Je parle depuis ses grottes.
Dans mon malheur des pieuvres casquées m’ont accueillie comme une des leurs.
Chaque matin je remonte et chaque soir je descends
descends
descends.
Je pleure des méduses lorsque son chant me parvient.
Je ris des cordes quand le temps le permet.
Les postillons de toutes mes grands-mers accompagnent mes plaintes.
Je n’ai jamais oublié ni la douceur ni la fureur.
En plongeant dans l’eau froide.
La lune se dissout comme un morceau de sucre.
Je berce et je fracasse.
