Nous ne garderons ni la chair, ni les os, ni le sang, ni la peau, ni l’esprit.
Nous ne pourrons empêcher nos fragments de mémoire de s’enfuir, ni notre âme de disparaître du souvenir de ceux que nous avons chérit.
Mais nous ne subirons pas toujours la peur de l’incertitude et de la finitude de l’existence.
Dans les gouffres immenses, dans les ténèbres des profondeurs, nous enterrerons les masques de nos identités illusoires, nos fictives parures.
Nous échouerons peut-être à nous délaisser de cet héritage de certitudes, mais telle est la voie pour qui chercher à user de sa liberté.
Nous ne pourrons éviter les sentiments de faillir, ni nos cœurs de pleurer des flots de larmes endeuillées et la mort de fleurir.
Mais nous ne pourrons pas non plus abattre l’amour, le rire et la joie de ces mêmes cœurs.
Ni éviter que l’insolence du vent nous caresse de ses rafales violentes, et que les montagnes nous enveloppent de cette paix sereine flottant dans les hauteurs de ce monde.
Puisque rien ne dure, nous poserons nos yeux perdus sur cette immensité vide de sens. Incapable de nous défaire du ciel insondable, nous regarderons cette obscure clarté qui tombe des étoiles.