J’ai pris
La densité du silence
Entre mes mains
Laissant glisser le vide
Entre mes doigts noirs
Sculptés par l’encre de vie
Je m’allonge dans la densité du silence
Et flotte sur les mots
Muets
Les mots qui se désirent
Que seuls deux silences peuvent
Dire
Et crier
Et chavirent
Deux silences ivres
De vie
Deux silences qui
Absorbent le monde
Allument le néant
Deux silences devenus
Sombres
Deux silences séparés
Un silence s’est tue
Quand un silence meurt il
Reste l’odeur de la tristesse
L’odeur du bruit que dit l’absence
Un silence muet
L’absence n’existe pas si
Tu voles l’aura d’une présence
Avant que son silence ne meurt
Tu aurais du couper notre silence en deux
Ouvrir la mémoire de ce silence
Entendre la sueur de nos draps
Au matin blanc
Entendre nos iris se mêler
Entendre la profondeur du goût
Entendre nos veines se nouer
Entendre les lianes de sang
Se croiser
Se décroiser se croiser
Monter écrire le ciel
Peindre la rosée
Étreindre la résonance
De l’absence