Elle masse ses chaussons pour préparer les synapses. Une performance meilleure qu’une gorgée d’eau. Le soleil abouti sur la peau comme une vieille mère. Un relent dans le mouvement, des syllabes qui peinent à sortir. Dans le placard, les petites chemises sont pliées comme nos années perdues. Des souvenirs poussent entre eux, sans qu’on y prenne garde. Tu peux goûter les épis de blé, sans arrêter les interrogations qui fourmillent dans tes bras, tes orteils, tes cils. La voix est vide, ses notes sont les vêtements que l’on perd lorsqu’on quitte la mémoire des gens. La voix a sa propre trajectoire dans notre vie. Déroutes, absences, et humeurs tracent les rebonds de nos connaissances. Dormir à la cime des arbres doit ressembler à la manière dont un enfant naît dans l’eau. Le vent tisse sa toile invisible sous les cheveux, sous les tissus pour nous rappeler au monde. Qu’est-ce qui fait pencher le pommier ? Le poids de l’attente, le vent des danses contraires ? Parvenir à saisir la chute, c’est redoubler d’amour à chaque instant de perte.