Je me dis qu’après tout il y a toi
Et que toi, c’est tout
Que toi, c’est beau
Et alors ?

Je me dis qu’il n’y a pas de fumée sans eux
qu’eux, c’est ma famille
Le cœur de mon cœur
Et alors ?

Je me dis que ma tête parle trop
Qu’elle pourrait faire vœux de silence
Mais elle n’écoute rien
Et alors ?

Je me dis qu’il faut vivre maintenant
Parce qu’après ce sera trop tard
Après ce n’est bon qu’aux regrets
Et alors ?

Je me dis que tu as raison
De voir la vie comme une pelote
Qui a perdu son bout de ficelle
Et alors ?

Je me dis pas grand chose aujourd’hui
Ma tête fait grève, mes muscles aussi
Personne ne veut plus me porter
Et alors ?

Libres

Je pense souvent : le temps –
cette invention stupide
ronge tout,
soi et
les autres avec

Et ?

Je pense souvent : il s’en fout
le temps
il file
il s’en fout
des traces
des êtres
des hiatus
de ses affres

Et alors ?

J’en viens alors à penser : les signes,
les mots scandalisés
c’est çà
qu’ils lui jettent
en pleine figure
sur les pages
leur pouvoir :
l’arrêter
le stopper
le ligoter sans démesure

Et alors ?

Je pense encore : il faut écrire
tout
absolument
tout
pour figer le soi
disant
le soi dit
en passant

Et alors ?

J’en viens même jusqu’à penser : c’est la seule façon
de se battre – les mots
ils finiront bien
par réduire
éphémère et éternité
à néant
ils finiront bien par le tuer

Et alors?

Resteront les grains de sable éparpillés
Libres

Et alors ?