Et si l’écriture n’avait pas vu le jour?
Et si tous ces symboles sortis de l’esprit humain n’avaient pas tant de valeur?
Et si tous ces signes nés dans le battement du marteau sur la roche, la caresse du pinceau sur le bois, le son sourd de la plume sur le papier, le cliquetis d’une machine à écrire, la monotonie rythmée des claviers d’ordinateur ou encore les vibrations d’un smartphone n’avaient aucun sens?
Et si toutes les lettres, des différents alphabets ne sonnaient plus?
Et si les mots nés dans le silence des nuits d’hiver ou dans le chahut des cafés bondés y mourraient?
Et si les R ne roulaient plus sur les langues, si les S ne sifflaient plus entre les dents, si les M n’aimaient plus sur les lèvres?
Et si les vers ne rimaient plus?
Et si les allitérations ne résonnaient plus?
Et s’il n’y avait plus de notes?
Plus de blanches ni de rondes pour diriger les orchestres?
Et si les symphonies se transformaient en cacophonies ?
Si les violons ne crissaient plus, si les flûtes ne soufflaient plus et si les pianos ne tintaient plus en rythme?
Et s’il n’y avait plus de mathématiques, plus de chiffres ni de formules pour décrypter les sons inaudibles?