Goéland qui rit. Railleur.
Tourterelle qui se pavane, sur la plage.
On dirait que les oiseaux attendent l’été
pour se prendre pour des humains.

*

L’air est si chaud
qu’il fait entrer par la fenêtre
l’intimité aride du désert.

*

La mer
les bateaux
les pins parasol
les papiers froissés
les cheveux défaits
tout est mis en mouvement par le vent
souffle étourdissant d’avant le premier chant.

*

J’écoute les vagues
dans l’intranquillité de la nuit.
La nuit qui charrie les oublis
et dépose sur les cicatrices
des cristaux de sel.

*

Mon amour m’a emmenée en bateau.
Dans la crique où nous avons jeté l’ancre
les rochers se sont métamorphosés
en animaux métaphoriques.
Pendant notre sommeil agité par le roulis
ils ont dévoré la pulpe de nos rêves.

*

La mer nous berce
la mer nous chuchote
la mer nous clapote
la mer dissout notre mue.
J’en ressors rincée.