Ses doigts dans mes doigts
son sourire qui entrechoque mes dents souriantes 
son sexe dans ma bouche
ses blessures sur mon épaule
son venin dans mon sang
mes caresses 
à côté de la plaque
Ses grosses larmes mouillent mes cheveux
il dit – je pleurerai toute ma vie dans tes bras
alors je dis – je ne serai pas là toute ta vie

Il croit 
que l’amour
c’est moi 
mais je sais que lui 
c’est le démon 

Sa tempête dans ma vie
ma tempête dans sa tête 
le lit sans dessus dessous 

Il dit – on règle pas les problèmes en baisant 
et je demande où ils sont les problèmes 
et comment on les règle alors
et depuis quand il veut les régler 
lui avec ses gros bras 
sa grosse bouderie 
ses grands principes tout à l’envers
son honnêteté 
qui n’a jamais dépassé la théorie de la chose.
Alors sa bouche de mensonges 
qu’il faudrait détruire là tout de suite 
dans ce lit ou même en dehors 
en dehors sûrement 

On règle pas les problèmes en baisant – il dit

Il se prend pour qui ce gars à poil 
ce gars ridicule 
les yeux débordants d’égo 
d’orgueil 
de moisissure 
de merde liquide et purulente 
cet enfant de 10 ans qui pleure contre moi
qui n’a jamais réglé aucun problème 
même pas 
une capote
qui craque 
c’est l’enfant non désiré 
lui même 
qui copule comme un singe 
répugnant d’irrespect 
de bave
et de mots hachés qui ne trouvent aucun sens

Le lit est sale 
l’atmosphère fuyante 
ça pue le cul à plein nez 
ça pue la déchéance 

La chambre est plongée d’obscur 
le silence est noir lui aussi
son cœur carbonisé 
mon corps tétanisé 

Je dis un rire 
un rire 
qui tombe 
à plat 
dans une bouche vide 
Un rire 
mon rire 
qui ne trouve 
qu’un écho 
misérable 

Je sais que ce rire 
mon rire 
devrait prendre ses jambes à son cou
ses bras à sa bouche
ses mains à son bide 

Et courir 

Être déjà loin. 

Émanation d’une absence

Il marchait au loin
J’entends résonner encore
Ses pas ancrés au sol.

Je le devinais seulement
Mais je sentais
Sa présence affirmée
Et son éther qui l’entourait.

Le temps en une fraction
Venait de s’arrêter.

Je me tenais debout
Face à lui,
Mon parapluie à la main
La pluie menaçait.

Au fur et à mesure
Qu’il avançait,
Les nuages disparaissaient
Laissant apparaitre un rayon de soleil
Nous enveloppant tous deux
Dans un même chemin.

Avant même un mot échangé,
Nos regards se sont croisés.
Amour professé,
Destins liés.

Nous avons marché
Cote à cote
Sans nous toucher
Sa veste flottait dans le vent
Son parfum capiteux dans l’air
Qui se déposait insidieusement
Dans mes cheveux dissipés.

Puis, dans ce bistrot sans âge
Qui a accueilli nos premières paroles,
Nous avons bu un café.
Il disait, j’écoutais
Je disais, il écoutait.

Les pas, les mots des autres
Disparaissaient.
Seuls nos auras brillaient.

Nos yeux se fixaient,
Couleurs bleu mer dans le vert lumière.
Il pouvait lire la clarté de mon âme
J’ai fissuré l’obscurité de la sienne.
Nous n’étions plus de ce monde
D’ailleurs l’avions-nous déjà été ?

C’est quand il m’a dit
« Veux-tu un autre café ? »
Et que j’ai répondu
« Un chocolat peut être »
Que nous sommes revenus à la réalité.

Des heures s’étaient écoulées,
Dehors la nuit qui tombait,
Nos vies qui basculaient
A la croisée des chemins.

Nous nous étions reconnus
Sans vraiment nous connaitre.

Depuis,
L’effluve de l’absence
Ne cesse de bruler
Sans jamais disparaître.

Ses doigts dans mes doigts
son sourire qui entrechoque mes dents souriantes 
son sexe dans ma bouche
ses blessures sur mon épaule
son venin dans mon sang
mes caresses 
à côté de la plaque
Ses grosses larmes mouillent mes cheveux
il dit – je pleurerai toute ma vie dans tes bras
alors je dis – je ne serai pas là toute ta vie

Il croit 
que l’amour
c’est moi 
mais je sais que lui 
c’est le démon 

Sa tempête dans ma vie
ma tempête dans sa tête 
le lit sans dessus dessous 
Il dit – on règle pas les problèmes en baisant 
et je demande où ils sont les problèmes 
et comment on les règle alors
et depuis quand il veut les régler 
lui avec ses gros bras 
sa grosse bouderie 
ses grands principes tout à l’envers
son honnêteté 
qui n’a jamais dépassé la théorie de la chose.
Alors sa bouche de mensonges 
qu’il faudrait détruire là tout de suite 
dans ce lit ou même en dehors 
en dehors sûrement 
On règle pas les problèmes en baisant – il dit

Il se prend pour qui ce gars à poil 

ce gars ridicule 
les yeux débordants d’égo 
d’orgueil 
de moisissure 
de merde liquide et purulente 
cet enfant de 10 ans qui pleure contre moi
qui n’a jamais réglé aucun problème 
même pas 
une capote
qui craque 
c’est l’enfant non désiré 
lui même 
qui copule comme un singe 
répugnant d’irrespect 
de bave
et de mots hachés qui ne trouvent aucun sens

Le lit est sale 
l’atmosphère fuyante 
ça pue le cul à plein nez 
ça pue la déchéance 

La chambre est plongée d’obscur 
le silence est noir lui aussi
son coeur carbonisé 
mon corps tétanisé 

Je dis un rire 
un rire 
qui tombe 
à plat 
dans une bouche vide 
Un rire 
mon rire 
qui ne trouve 
qu’un écho 
misérable 

Je sais que ce rire 
mon rire 
devrait prendre ses jambes à son cou
ses bras à sa bouche
ses mains à son bide 

Et courir 

Être déjà loin. 

Nous épluchons des pommes.
Il a les manches relevées de celui qui a tout compris.
il a dit « quelqu’un de noble ». De qui parle-t-il ? Je ne suis pas.
Hier il a oublié chez moi un sac et ses pommes achetées au marché.
Aujourd’hui nous épluchons les pommes et préparons du boudin. Nous sommes chez moi.
Il redécouvre mon appartement entièrement lambrissé. Il dit « il est orienté nord sud ».
Il passe de la cuisine au salon, tire les rideaux bleus.
Le maquillage à mes yeux coule à cause des oignons.
J’ai le sentiment d’être à la fin de ma vie. Il ne s’en aperçoit pas.
Son air est radieux.
C’est un mauvais jour.
J’ai passé quatre heures ce matin à écouter des gens pleurer.
Une femme dont le mari a pris l’habitude de la violer la nuit. Elle dort à présent dans le salon. Elle n’arrive pas à le quitter. Porter plainte. Autrefois c’est son frère qui la violait. Le frère s’est pendu. Elle ne s’est pas rendue à l’enterrement.
Dans la famille on parle.
Je lui ai dit « je vous crois ».
Nos mains se rencontrent dans le saladier. Il y a les quartiers de pommes qu’il redécoupe après moi.
Il fait les finitions.
Qu’importe qu’elles soient belles elles vont être mangées !
Il ne pense pas pareil.
J’ai des petits yeux. Fatigue. Écouter les personnes seules
7h du matin. Tristesse. Solitude. Violence.
Je ne suis pas seule.
Je suis avec lui.
Nous cuisinons. Il aime faire à manger. Moi je le suis.
Plus tard nous nous hâtons pour rejoindre le théâtre. Je passe à la médiathèque prendre de la poésie et quelques CD.
Nous allons voir une pièce intitulée « La mécanique du couple ».
Je déteste. Il n’est pas loin de me rejoindre.