Celle qui vient écrit avec son corps. De tous ses membres exulte,
lape, bourdonne. Elle grimpe à ton oreille et t’enjoint de l’écouter.
Ferme les yeux. Laisse aller ta douceur car
L’ennui qui étrangle trop de cous trop de gorges doit cesser. C’est
l’heure du vertige féral vert menthe un rien acidulé. Goûte-le avec moi,
Âme sage qui s’ignore encore, savoure les grains des grenades
mûres épaisses d’un rouge de sang séché. Elles ont vécu les vies
fertiles de nos horizons bouillonnants. Les vois-tu ? La veux-tu,
Cette vague clarté qui déverse enfin ses secrets dans ta bouche bleue
d’émois ? Elle est là, sous tes mains. Elle chatouille ton pelage et
claironne. C’est au creux des fêlures que s’arrime son élan.