Demain
Tu regarderas les autres
De haut
Tu souriras
Pour garder la face
Et la nuit
Tu pleureras moisissure sur tes murs crépi
Ton plancher rira bien
Tordu par terre secoué par tes erreurs
Tu diras qui je suis qui je suis
Demain
Tu brimeras tu mépriseras
Narquois
Tu gâcheras quelques journées
Tu trancheras quelques veines
Tu marcheras
avec aisance
Avec assurance
Sur des pattes sur des têtes
Et la nuit
Tu négocieras avec la lune
Lui racontera
La vaste vase qui pèse
La mâchoire
Grincera
Le prix le prix
Demain
Tu voudras caresser secrètement le dos d’un chat
Sauver l’escargot qui traverse toujours le trottoir
Dire désolé
Mais tu poursuivras
L’éclatement des cellules
Pour remplir pour remplir
Tranquillement mais sûrement
Tes poches de haine
Et la nuit
Tu rouleras rouleras vite
Tu boiras quelques litres
Personne ne devra savoir
À quel point la solitude est une pièce qui te hante
Demain
Tu briseras des rêves des vitres
Pour stopper les hémorragies internes
Tu tapoteras les douleurs vives
Tu t’approcheras tu enlaceras
Serreras quelques lacets
Autour de cous tendus pour te faire une bise
Et la nuit
Tu te tourneras dans l’insomnie
Tu chercheras en vain
Le sens de ta bile
Pour crever finalement
Pneu pété
Dans le silence anonyme
Ta peau boite de pétri
Pourrira
Pourrira
Poussière cendre
Tes victimes Pompéisée
De n’avoir pu
De n’avoir pu