Les hydrangeas

Je regardais les hydrangeas.
Les hydrangeas dans l’ombre des grands arbres. Je regardais.
Je voyais du rose, non. Du blanc, non. Du violet, non.
Plutôt du mauve … Pas bien regardé, dans l’ombre incertaine.
Ombre des souvenirs mélange les couleurs sous les grands arbres.
Les hydrangeas.

Dans le parc, les saisons sont passées.
Impossible de distinguer la couleur dans le vent.
Le vent dans les frondaisons. Le murmure des trembles.
Pas sûr. Murmures, frémissements. Frémissements des feuillages des bouleaux.
Mal entendus dans l’ombre incertaine. Bouleaux. Trembles. Hêtres.
Mal entendu le vent dans les arbres.
Le bruit des minuscules cailloux, un songe. Tes pas, peut-être.
Les hydrangeas.

L’attente. La gorge sèche. Le souffle coupé. Les yeux humides.
La gorge sèche. Oui, l’attente, l’espoir.
Non, les yeux humides. La pluie inondant le banc. Non, les larmes. Aucune attente.
Le souffle coupé dans la grande allée des arbres.
Le cœur s’arrête. Espoir noyé dans le vent, les larmes et l’ombre incertaine.
Les hydrangeas.

Les hydrangeas. Qu’est-ce que c’est déjà ?
Les voix des enfants me regardent. C’est çà ? …
Sans doute. Ta voix me regarde. Puis elle se détourne et part.
C’est moi qui m’en vais. Trop court. Ah bon, déjà. L’éternité. Je ne sais plus.
La gorge sèche. Les yeux humides. Le cœur qui s’arrête. Ne sait plus dans l’ombre incertaine.
Les hydrangeas.