Lumière blanche

c’est toujours très cérémonieux
de soulever un rideau pervenche
laisse entrer mystère laiteux
s’échappe laisse trainée blanche

La matrone installe la lumière – d’abord et avant tout
Celle qui traque, pour qu’on puisse
Combler
Epaissir
Recourber
Affiner
Peindre son propre visage
puis la tiédir un peu quand vient le temps de
s’allonger
déshabiller
manipuler
se mettre à dos

Ensuite on invoque la noirceur
et toute cette mécanique ondulatoire
Qui fait abdiquer, sans
Dessus
Ni dessous
Se pâmer en cadence
Baratiner – épaissir le plaisir
Le blanchâtre des yeux est un peu avide et grumeleux
il convulsionne
Ne pas perdre de vue qu’il faut
Tirer et soutirer
Surtout les pis
Surtout les poches

On ne peut pas imaginer
s’imaginer même
Les matins qui suffoquent
Le lait croupi
La sueur feinte

C’est la lumière de l’aube qui vient endormir
Les corps savants

Pour qu’elle puisse se concentrer sur l’oubli

Et lentement, languissants, rabattus
Le cul
Sa crémière
Attendent
la pauvre retraite