C’est presque la fin du mois d’avril,
La maison a été construite par un aïeul oublié
Sans qui rien n’existerait
Des portraits au mur
Le sien aussi,  comme s’il était dans les parages 
Des fantômes entre les lattes 
Et soudain
Pendant que la viande cuit, noyée dans la sauce sanguine
Sous la spatule, les vagues surgissent
Un mois de septembre où il fait encore lourd
Presque dix ans plus tôt
Marée haute le matin sur la plage vide
Le vent sur nos yeux, teintés de la lumière d’août
En passant par la route à pied, la plage tout droit
La terre a cramé, l’asphalte bourdonne
Sous nos pas nerveux
Dans l’élan d’une jeunesse bientôt finie
Il est tôt, le café et les tartines englouties
Chez la grand-mère
Comme si nous étions encore petits
Mais l’absence de peurs alors
A disparu
C’est  l’heure d’être adulte
Mais tu vas  bientôt partir
Pour ne pas affronter le passage
De la trentaine
Celui qui signe la fin de toutes les choses
Que tu as  aimé
Et une fois à l’eau, tu as crié
Que ton téléphone était resté dans ta poche
Que c’était pas la fin du monde
Et que tu en as assez
De progresser vers la nuit
Et que tu veux  plus de lumière,
Croire en quelque chose
De plus fort
Que le reste