Je ne sais qui tu es, d’où tu viens. Je ne t’ai jamais rencontré.
Ça commence de cette façon entre nous.
Dans le métro, la rue, les magasins, voire en pleine campagne.
Ou c’est toi, ou c’est moi qui parle en premier, souvent une généralité. Une question, un étonnement, un
cri, un geste parfois, une situation particulière aussi.
Impulsion indétectable, et.
Nous voilà concernés.
Les brumes sourdes de nos solitudes s’entrouvrent. Si le moment, si les circonstances, si nos
disponibilités, si le miracle daigne s’accomplir, s’échange entre nous cette substance impalpable de vie,
plus généreuse qu’un bonjour, plus conséquente aussi.
On se dit des banalités, des vérités, des réflexions avisées, parfois personnelles. Jusqu’à des secrets, oui.
Je ne sais qui tu es, d’où tu viens.
Tu te souviens ?
On repart dans le flot de nos vies. Et l’on s’oublie.
Aujourd’hui je pense à toi.
Je t’écris.
Qui es-tu, d’où viens-tu.
Ne réponds pas.
Ces questions sans réponses réveillent ma vie. La transpose.
Je t’en remercie.
Adieu.