Par ici la plupart des gens s’embarquent dans des rêves plastiques.
Je m’y suis mis.
Depuis deux jours, les auréoles, la lumière, l’océan, bref, tout plastique.
Drôle d’impression lorsque ma bave plastique dégouline de ma bouche plastique.
Se payer un accident plastique avec une bagnole plastique, dans un tunnel plastique, ça décoiffe balaise.
On ne sait plus où placer le curseur.
Tout ce plastique me déroute.
Et je ne sens rien. Une odeur uniforme, de plastique uniforme.
Parce que le plastique, je connais.
Ça commence avec la bakélite.
Le celluloïd juste derrière.
La viscose.
Et la cellophane.
Vous ne me ferez jamais confondre un polyméthacrylate de méthyle avec un polychlorure de vinyle bas
de gamme.
Ça ne marchera pas.
J’ai l’œil. Plastique, d’accord, mais affûté sur ce sujet.
Toute la journée je rêve plastique.
Le polystyrène prend son expansion. Le rhodoïd lui pique sa meuf. Le polyuréthane leur colle aux
basques. Arrive formica, personne ne l’écoute. Silicone s’évertue à capter les attentions. Son habitude. Et
on inverse les rôles.
L’air plastique, que m’envoie le tuyau plastique, qui passe par le trou plastique, étouffe. Les secondes, les
minutes peinent à trouver leur chemin.
Et ce putain de sang plastique va m’achever.
Du plastique bio m’a dit le virus plastique.
Coromachin qu’il s’appelle.
Un vanneur de première.