Puisque tu veux savoir, ta fille est née un jour d’octobre. 
Tu l’as sortie comme une fève. 
Puisqu’elle avait des yeux très longs, ta fille t’as regardée, donc elle t’a reconnue, donc elle t’a nommée.
Alors tu l’as nommée en retour. 
Alors vous avez commencé la vie, ta main tenait la sienne, le chemin semblait droit, donc vous avez fermé les yeux. 
Alors le mal est arrivé. 
L’homme est entré dans la maison et de toutes les fleurs, de toutes les herbes que vous aviez placées dans vos cheveux il n’est resté plus rien. 
Des paroles il n’est resté plus rien. 
Alors ta fille est devenue chauve, ses yeux sont devenus étroits. 
Alors tu as hurlé beaucoup. 
Alors ta fille a quitté la maison. 
Alors tes cris énormes revenaient tous sur toi. 
Alors tu as pleuré comme un enfant qu’on abandonne. 
Alors tu as appris à exister dans le silence. 
Depuis les jours d’octobre sont bénis. 
Depuis tu portes une couronne sur la tête en plein hiver et tes larmes ont figé ton visage. 
Puisque tu veux savoir, ceci est bon.