Un cri qui déchire le ciel et mon sommeil.
Un cri désespérant suivi d’un silence que seule la nuit, le milieu de la nuit sait produire.
Un cri de naufragé
Sans la mer.
Un cri fracassé contre ma vitre.
Un cri qui exige une réponse.
Un cri.
Jaloux
De tout.
Un cri
De reproches préhistoriques.
Un cri-valise
Contraction sonore et brûlante de toutes les peines.
BAMBAMBAMBAMBAMBAMBAM
Mon cœur glissé dans un mégaphone.
La mouette largue une autre plainte et l’onde de choc finit de fracturer mon cœur.
Il ne bat plus, il détale.
Soudain, j’aime cet homme-orchestre qui dort à mes côtés.
Le rythme régulier de son souffle,
de ses ronflements,
de son inspiration qui s’étire dans un long et pénible sifflement,
de son expiration que j’ai souhaitée, tout à l’heure, éternelle,
ses apnées sans fond sur lesquelles je me penche de peur que jamais il ne remonte,
maintenant
me rassurent.
Je m’accroche à cet homme-paquebot.
J’épouse les ondes qu’il diffuse.
Un phare radiophonique dans ma nuit.