À l’aube la ville est bleue, de la mer endormie et du ciel qui s’éclaire.

Les façades teintent leur ocre clair de bleu liquide aux reflets d’embruns.

Autour du port, les rues désertes.

les pavés, lavés de bleu,  brulent dans la pénombre leurs aigues-marines .

Les bateaux bercent leur coque bleu sur l’étoffe de la mer.

Par instants, une mouette se pose, lisse dans le vent bleu son plumage.

Sur le quai, frisson bleu.

Quelques marins entrent, visage et  mains marbrés de bleu, les yeux peints d’horizon.

Là bas tous les bleus se confondent, palette du ciel et de la mer, mélange de matière, de chair irréelle.

Le ventre de la ville éveille ses odeurs, ses voix fugitives et retient sa couleur.  

Je nage, cœur et sens embaumés dans ce prélude bleu de silence devant l’éphémère tableau, nouvelle naissance avant le fracas de la vie.

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