Poème pour J.O.

Il balaie devant sa porte. Grand lunette glabre, voûté. D’autres attendent, rien. Ils sont fous dans le château et fous dans la prairie et les autres balaient devant la porte. L’âne est fou aussi. Parce qu’il a conscience de parler. Du parasite du parler. Ceux qui balaient l’ignorent. Dans le bois les violettes ont percé. Elles violettent. L’odeur est un événement. Là bas le jour ne naît pas de la nuit. La nuit ne divise pas le temps en jour. Il a plu et les pages du temps se sont collées. La nuit reste la nuit pour ne pas dormir. Pour tenir le mur de la nuit. Le corps de pierre s’échappe d’une cigarette et monte au dessus du massif central planté de gros dahlias pourpres. Tous les habitants aiment tenir les fleurs à fleur d’une fenêtre, dans l’embrasure d’une porte, au bout du banc de bois. Les vieux n’ont plus de dents mais ils ont un sourire et un chant. Quand la cabane a brûlé les dahlias sont venus porter l’eau pour éteindre le feu. Ici c’est comme ça, les fonctions sont variables et personne ne se prend pour sa fonction. Ce soir l’âne à la cuisine affûte son couteau.

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