Je rentre dedans, je sors dehors.
Le vieux mur blanc devant moi a toujours un pan de papier peint arraché.
Je rentre dedans, je sors dehors.
La déchirure n’a pas bougé.
Je rentre dedans, je sors dehors.
Par endroit, il vire au gris.
Je rentre dedans, je sors dehors.
Il manque toujours un bout ici aussi. Ce petit supplément, ces quinze minutes de cuisson qui auraient pu m’épargner ces angoisses.
Le bout manque, mais elles sont bien réelles.
Elles virevoltent comme des papillons de nuit dans ma tête.
Je rentre dedans, je sors dehors.
La mouche effectue des mouvements géométriques d’un bout à l’autre de la pièce.
Je rentre dedans, je sors dehors.
Ici au moins il fait chaud. C’est un peu maussade, presque réconfortant. Quand le tiroir à horreurs est fermé, on est presque tranquille. J’ai bouclé les pensées sous clé, je peux vivre ma trêve.
Rester docile.
Je me remémore toutes les fois où on m’a dit que j’étais trop soucieuse. Ou que cette conscience était ma force.
Moi j’ai l’impression que la réalité me lamine à coup de poings.
Je préfère rester ici, à l’intérieur. Là où les rêves sont hauts en couleurs et où mes châteaux de sable subsistent.
Je me relie au monde dans ce corridor entre moi et la vie. Et ces histoires que je me raconte constituent un prolongement de moi-même, une version romancée de ma présence dans le monde des vivants.
Je rentre dedans, je sors dehors.
Le bourdonnement de la mouche me dérange. Ses ailes se frottent et on dirait qu’elle ronchonne.
Je voudrais le silence.
Je rentre dedans, je sors dehors.
Pensées parasites qui m’étreignent. Elles sont revenues.
Qui suis-je, où vais-je, dans quelle étagère ? J’aimerais au moins savoir rire de ces absurdités. J’aimerais savoir vivre sans y songer.
De tout ce que j’ai imaginé, qu’ai-je réellement vécu ? Le rideau tombe, l’oubli aussi.
J’ai trouvee t ‘est texte très intéressant et jolie bonne journée 🌺
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