Trous noirs fontaine blanche

Je veux voir la fin                                                                                                          vite.

Je veux voir la fin, me jeter dedans, y plonger tête la première et contempler le gouffre, l’abysse, et qu’il me contemple aussi et qu’il me trépasse. Je veux y plonger en apnée et rester un temps suspendu et qu’il m’aspire, qu’il m’entraine et qu’il me montre et qu’il me goûte et que je vois enfin. Je veux qu’il m’ouvre le crâne et qu’il sorte mon esprit et qu’il le projette en arrière et en l’air aussi. Je veux me bruler les yeux et avoir la tête qui tournois et l’esprit qui projette. Je veux voir la fin avant tout le monde et avant moi. Je veux m’y voir. Je veux précipiter ma chute. Je veux m’y presser et m’y lover, non m’y jaillir de toute part et exploser à sa face et à vos gueule. Je veux pas la neige en été et les enfants heureux je veux la fin et la déliquescence et voir ce que c’est là et faire waou.

 Je veux la fin et sans attendre et sans grand bordel et sans grand tambours. Je veux la fin simple et rapide, la fin simple et rapide qui vient vite avant tout le monde. Je veux me défaire et me fondre et me disparaitre et je veux l’oublie aussi. Ça serait bien l’oublie et la tranquillité aussi. Je veux la disparition. Et l’oublie je veux. Je veux un caillou qui coule très profond, je veux l’abysse et le froid. 

Je veux                                                                 vite.

Et puis plus du tout.

C’est normal ça, c’est souvent, c’est les choses.

Je vois presque la fin et je veux plus du tout la fin. Je veux le retour en arrière. Je veux qu’on me rembobine et qu’on m’accueille du retour du gouffre. Je veux des mains chaudes et douces et m’y jeter, non m’y blottir. Je veux les caresses sur les yeux et les paroles du retour, chaude et tendre. Je veux l’eau sur la nuque et l’aire dans les poumons et le cris qui revient. Je veux les éclats de vie dans ma tronche et reculer et revoir ma mère. Je veux plus voir la fin je suis plus pressé. Je veux trainer et même marcher à reculons et voir plus en arrière pour une fois et aller voir au-delà de l’avant. Je veux aller là où on va pas et moi j’irais. C’est bien avant le début. 

Je veux voir avant le début, l’apnée éternelle et la flottaison douce. Je veux voir la lumière qui traverse la membrane et les bruits étouffé. Je veux voir avant moi et l’ignorance de moi et la solitude éternel et l’obscurité et l’autre gouffre. Je veux voir le gouffre qui projette en avant et qui expulse toutes choses, direct. 

Je veux voir                                         vite.

Laisser un commentaire