Nos maladies nous réussissent
nous réunissent
Dans l’effroi le plus terrible
Dans l’oubli le plus parfait
Dans la destruction la plus totale, accomplie
Il y a la beauté
La froide beauté d’un corps nu, ouvert
utopique
Au fond, ce n’est pas dans un poème qu’elle se loge,
se love
Tu auras beau la chercher, elle n’est pas d’ici
Désolé
Dans un paysage ravalé ravagé, désolant désolé
Tu auras beau chercher
Ici-bas, pas de beauté
Elle s’éclipse
Elle est écrite par toi qui me lis
Elle est prolongée par les gestes de ton esprit
Elle n’a pas l’apnée suffisante pour
survivre
Elle est la survivance même
Ce poème n’est pas une ode
C’est une tentative de traverser sans trop trébucher
C’est une écharde dans l’œil blanc de ton téléphone
C’est une parenthèse fermée ouverte fermée
L’imagination ferme fertile
Fuyant l’horizon
Tu entends cette sonnerie ?
Je suis le rêve de ton téléphone
La caresse sur ton crâne
Pas d’âme qui vive, pas d’animal
La beauté ne s’encercle pas, ne se dompte
Un verre d’eau glacée au bord d’une table
Une vieille dame qui attend le bus
Le chant d’une voix grave, sortant du sable
Des mots derrière d’autres
Une langue étrangère dans la bouche d’une
Tu auras beau chercher
La beauté malade n’est pas d’ici
Parfois trouvée, donnée
Pas d’ici
Dans l’oubli le plus parfaitement reconnu