Planète ! oh mon éclatante planète,
toi tu bouges, nous on est planté là.
On ne bouge pas.
Dans les yeux de ta femme, deux belles planètes, deux belles soucoupes, deux
beaux nombrils, planètes.
Plante-moi un autre cœur dans mon cœur, planète.
Promis, en échange,
je planterai une autre planète dans ta planète.
Planète ?
Mange-moi, planète.
Moi je range les livres-planètes, les flirts-planètes, les planètes-lunettes.
Je songe en rêve à t’offrir mes seins, t’offrir mes ongles, t’offrir ma voix, planète.
Planante, ma respiration plane, ronge, rogne mon frein, planète plate, planète.
Orange est la nette plane planète qui relie tous les Hommes plantés-là.
Pas le temps de bouger, plus le temps de bouger.
Le siècle de la vitesse, c’est révolu, terminé,
le siècle des livres vendus avant qu’ils soient écrits, terminé.
Le siècle des voyages vécus avant qu’ils soient Grives, terminé.
Le siècle des lumières éteintes avant qu’elles soient allumées, terminé.
La boucle est bouclée, la boule doublée,
on a perdu la boule,
on a perdu la boule,
on a perdu la boule,
Attends !
Le
la boule dans la gorge,
la boucle dans la tête,
la boule dans le vent.
Tout ça, c’est du vent.
La planète tremble mais toi tu ne cilles pas.
Criblé de balles, de bombes, d’espoirs,
tu veux arrondir les angles de ta planète.
Alors bouge,
trouve le bouge,
trouve le bouge,
trouve le bouge,
bonbon.
Caresse le trouble,
pas évident, encore, pas d’évidence planète.
Planète ?
Fais de ton mieux.
Vis de ton pire.
Pire encore.
Plus bas,
encore ! Plus bas encore,
scroll encore,
voilà.
Te voilà au centre
au cœur de ma
décente planète.