Douce la lumière de cette fin d’après-midi
Et douce la couleur des vitres jaunie
Les trottoirs sont doux
Cotonneux l’esprit des clients qui errent au hasard
Qu’elle est douce l’odeur sucrée des ivrognes
Et douce l’ivresse général
Elle est douce la voix qui appelle devant la porte
Si doux les yeux doux qui nous regardent et si douce la porte que l’on pousse
Velouté le rouge des murs et volupté les coussins dans lesquels s’affaler
Les rideaux de soie caressé, le parfum respiré et l’oreiller sous la tête
Les mains qui viennent caresser notre peau si douce
Incroyablement douce les lèvres embrassés
Terriblement douce la gorge serrée
Tout doux le tremblement des pieds
Douce les chaudes larmes sur les mains
Et doux la fin du souffle
Follement douce la fatigue après
Tout doux les rêves enfin
Et la douce envie de recommencer
Vraiment
Velours le sang les coups les douces gifles les tendres insultes
Tout doux la haine les cris les reproches
Les yeux rouge-sang/doux
Le verre brisé
Les ongles doucement arrachés
Et doux surtout les poings tuméfié
Doux le visage écrasé le regard déformer
Trop forte peut-être les caresses
Si doux pourtant les remords
Tout doux les coups dans le ventre
Douce la chaude bave crachée au visage
Qu’il est doux le lit qui donne l’amour
Et les draps défaits
Si douce sa main dans la mienne et son souffle dans mon cou
Et son creux sous ma bouches
Mais tellement douce oui les lèvres rasées
Et le murmure du vent
Doux le saut à pied joint dans le vide
Et si doux le vent et la chute
Si douce les organes qui implosent et le sang qui gicle
Plus doux encore le bruit des os qui se brisent
Et toujours aussi douce la mort
Qu’ils sont doux les trottoirs où l’on s’écrase