Mon cœur est un aquarium.
Comme les lieux-aquarium que viennent visiter des gens. Ils marchent dessus, autour, posent les mains contre, ouvrent de grands yeux.
Mal à l’aise et fascinés sont toujours les yeux.
En baissant les yeux, j’aperçois mes eaux transparentes, les fils gorgés de soleil de ma peau, rivière de mes sens sous le cuir du tambour.
J’ai peur de mon cœur, alors je le traite parfois comme un enfant malade, je l’étouffe sous un pull en laine qui gratte. Quand j’ai froid dans mon corps je sais que mon cœur s’éveille et me parle.
Voix ami(e) qui gémit
Hirondelle de joie
Albatros de dépit.
Il me vit mieux que ce que j’en sais
Je respire que mes mots face à lui s’assoient et écoutent.
À l’orée de la nuit j’entends le vent frôler les sillons de mon cœur,
astre douloureux souvent en avance,
qui nullifie les guerres,
qui met tous les bouquets sur la table,
et chérit sans choisir.
Bruit de fond, artisan des chuchotements sourds, grâce à lui je traverse la porte des songes, mon fardeau de peine luisante un temps adossé à la fenêtre.
Quand la maison fume, je ne sais pas si c’est le début du feu ou la terre qui se repose. La pluie d’été réchauffe, et fait tomber les murs.