Autre rive

Au bord mais jamais à bord
je reste ici les pieds pendus dans le vide
à balancer des mots d’un côté de l’autre
toi tu es là-bas sur l’autre rive
à glaner sur tes propres chemins
tes émerveillements
à respirer des parfums qui ne sont pas les miens
à laisser flotter tes jours amples et remplis
moi sur ma rive aux cris sans écho
bien concentrée sur mes ombres
qui s’ agitent au bout de mes doigts
je rêve du bleu dans l’embrasure du soir

l’inaccessible bleu

et je resterai paisible sur mon rivage
à déposer à l’ encre rouge
dans la marge des jours
des rafales de mots
petits cailloux du désir
petites langues d’air
que l’on essaime au sol
pour ne pas se perdre
pour ne pas disparaître
je continuerai d’arpenter mon chemin
sans plainte ni regret
ni oubli

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