Dénouer les rubans

Il est né en pleine rue,
Pourtant personne ne l’a vu,
Il est arrivé un jour d’août,
Sans que personne ne s’en doute.
C’était près d’un très haut portail
Qu’il a tissé ses premières mailles,
Toutes les nuances de ses couleurs
Et leur invisible douceur.
Jaune, rouge, vert,
Pour bousculer tout l’univers.
Violet, orange et bleu
Le rendaient encore plus précieux.
Bien à l’abri le long des murs,
Il grandissait à fière allure.

Il a poursuivi sa croissance
Entre poésie et innocence,
Plongeant ses racines sous les cailloux
Et dans la ville un peu partout.
Il se faisait tellement discret
Personne ne voyait qu’il grandissait,
Au cœur d’un parc, dans un jardin,
Cela lui donnait joli teint,
Ou sur un arbre en épiphyte,
Pour que la sève lui profite,
Près d’un clocher ou près d’un pont,
Ce qui le rendait plus fécond,
Sous quelques pierres, dans une cavité,
Il aimait se dissimuler.

Mais il voulut jouer à cache cache
Sans que personne ne le sache,
Pour cela pas besoin d’eau,
Il a hissé ses voiles haut
Et navigua sur les réseaux.
Difficile de rester caché
Sur les toiles par milliers.
Un jour, il croisa la jalousie
D’un être vil sans empathie.
Pourquoi il était combattu,
Personne ne l’a vraiment su.
Don de la vie, précieux cadeau,
On ne dénouera jamais les rubans
De cet Amour pur en suspens.

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