je t’écris du fil du soir
là où tout s’allume là où tout s’éteint
où la lumière fuit
et lune commence
regarde
habitue ton regard
à la transparence du noir
c’est là que je prends corps
que je luis
volatile
je t’écris de la frontière
du rêve et de l’éveil
de l’espace
entre chaque cil
qui dessine tes paupières
écoute
quand je prononce
des lettres sur la vitre
le vent les cristallise
apprends à les reconnaître
je t’écris depuis le silence depuis tes premiers mots
dans ta chambre
l’obscurité reprend son puzzle
laisse-la faire
écoute ma voix
qui cherche à le défaire
ressens
mon amour
depuis la nuit des temps depuis le jour de toi
mes cheveux ont le même poids
que ton souffle
la couleur de ta voix
je t’écris depuis toujours depuis partout
je t’écris et je te porte
je te suis je te soutiens
je te berce quand tu pleures
je te hisse quand tu ris
tu ne me vois pas
parfois tu me penses
tu me cherches tu me sens tu me devines
dans la lumière divine
d’un rayon sur la branche
habitue ton regard
à la transparence du noir
tu entendras mon chant
susurrer au silence
là où tout redevient là où tout recommence