Mon homme, mon amour,
Qui pille et qui viole,
Qui crache et qui gronde,
Tes mains serrent le cou des brebis apeurées,
Tes dents dévorent la chair innocente,
Jamais tout à fait innocente.

Mon homme, mon amour,
Qui donne et qui aime,
Qui nettoie et qui chante,
Tes mains caressent l’amour docile,
Ta langue purifie les plaies accidentelles,
Jamais tout à fait accidentelles.

Mon homme, mon amour,
Tes mots, un poison ancien et impie.
Ton corps, une arme létale si fière de ses douleurs.
Tes muscles me broient contre le lit,
Ta queue me défigure de l’intérieur,
Et tu fais mine d’être aveugle aux larmes qui noient notre refuge.

Mon homme, mon amour,
Tes mots, la mélodie des rêves.
Ton corps, le territoire de mes désirs.
Tes muscles m’enveloppent et me réchauffent,
Ta queue me réconforte au milieu des nuits,

Et tu ouvres tes yeux larmoyants quand tu jouis.

Pendant que moi,
Mon homme, mon amour,
Moi entre deux feux,
Je tremble dans ma peau rongée par tes attentions,
Je hurle dans les caveaux putrides de mon identité,
Et je te dis que je t’aime, je t’aime, je t’aime, putain que je t’aime,
Tandis que l’horreur nous adore que les dieux détournent leur silence,
De ce refuge blanc et rouge,
Cendres et plumes de phénix,
Mort, mort, mort, mort,
Pour toujours et à jamais,
Mort.

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