pose le ciel sur ton ventre
allonge-toi enfonce repousse
tes limites
déploie
tronc
bras
racines
ressens comme
tout est toi
et tu es tout
et rien
et partout
depuis toujours
mêle tes doigts à l’herbe
de tes cheveux
avale
ta propre sève
n’arrache plus rien
pousse
écoute le vent
la traîne du lombric
les fleurs
qui t’applaudissent
porte les enfants
sois leur terrain de jeux
leur cachette
leur refuge
sous le soleil
ferme les yeux
ris avec lui
parle-lui de la pluie
invoque-la une dernière fois
dis les mots qui changent de sens
et que personne n’entend
retiens le souffle
qui file
entre tes dents
parle à l’herbe à l’arbre
berce la pierre
console-la
moule ta nuque dans la glaise
et tes yeux
dans le bleu
laisse les feuilles couvrir ta langue
mâche l’humus
les vers
la pluie
souviens-toi
ou ne te souviens pas
mais quand la brume viendra
n’oublie pas
remercie-la